Le dernier concert de l’année, avant le traditionnel concert du nouvel an, voyait l’ONCT s’ouvrir aux œuvres. Ce concert de Noel caritatif était organisé en faveur de la Fondation Marie-Louise œuvrant pour l’intégration et l’accueil pour les personnes en situation de handicap avec la maxime : « le meilleur sans vouloir l’impossible ».

Ben Gernon © Hannah Taylor
Ben Gernon
© Hannah Taylor

Après une courte introduction rappelant l’historique de l’association devenue fondation et quelques noms ayant marqué ce développement, la place est laissée au jeune chef de 28 ans, Bern Gernon, qui mène l’introduction de la soirée du bout des mains. Avec l’ouverture du Barbier de Séville de Rossini, on passe rapidement des accords saccadés initiaux au frémissement généralisé de l’orchestre et en particulier des cordes qui prennent également tour à tour la ligne mélodique. Le chef conduit l’orchestre selon un emballement progressif et les premières sonneries lançant avec dynamisme la soirée.

C’est ensuite François-René Duchâble qui entre en scène et prend le micro quelques instants le temps que le piano remonte des sous-sols de la Halle. Retiré de la sphère musicale et de ses concerts traditionnels, le virtuose renommé fait une incartade pour Marie-Louise. Evoquant la sonorité française de l’ONCT du temps de Michel Plasson, le virtuose voit une différence avec l’orchestre actuel de Tugan Sokhiev, plus international à son goût. Désormais retraité se produisant exclusivement dans des concerts visant un art total et des spectacles pensés avec d’autres disciplines (danse, pyrotechnie, peinture, etc.), le pianiste s’installe pour offrir au public le très connu concerto pour piano n°1 en si bémol mineur de Tchaïkovski. Malgré le caractère brillant de la pièce, on constate d’emblée, dès l’Allegro non troppo, que le désir de François-René Duchâble est d’obtenir une couleur partagée avec l’orchestre et de ne point opposer le soliste à la masse. La virtuosité, si elle est bien présente, se place légèrement en retrait et on a parfois la douce impression que le piano accompagne les vents et non l’inverse. L’Andantino simplice offre une délicate modalité exploitée par le virtuose. Gammes fusées et violoncelle plaintifs rappellent sans surprise ce que le pianiste rapprochait à Dvořák et à son écriture des grands espaces. L’Allegro con fuoco offre un peu plus de contrastes avec une sorte de jeu en contrepied entre le piano et l’orchestre, après une longue introduction du soliste presque dansante. L’intensité est à son comble lors des salves finales.

François-René Duchâble offre ensuite un Nocturne de Chopin, dans des tons joyeux mais dont l’intimité se perds dans les grandes cordes du Steinway.

L’effectif se réduit pour le dernier romantique de la soirée : la figure paternelle de Beethoven pour la deuxième symphonie. Sur l’Adagio molto – Allegro con brio ce sont avant tout les basses qui sont à l’honneur. Le thème aérien du Larghetto permet de mettre en avant le timbre des bois auxquels Ben Gernon apporte un grand soin avec une direction à la fois stricte et pleine de sensibilité. Le Scherzo (Allegro) apporte naturellement plus d’entrain. En un mouvement presque mystique, le conducteur se referme seul sur les dernières notes de l’Allegro molto