La Ville de Genève, acteur culturel de premier plan dans la cité, en plus de soutenir très largement le Grand Théâtre de Genève, l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre de Chambre de Genève, peut se targuer d’avoir sa propre programmation de concerts avec la série « Concert du Dimanche ».

Hong Kong Sinfonietta © HK Sinfonietta Ltd
Hong Kong Sinfonietta
© HK Sinfonietta Ltd

C’est dans le cadre de cette série de concerts que nous sommes conviés à entendre la Hong Kong Sinfonietta, orchestre créé en 1990, sous la baguette de Yip Wing-Sie, sa directrice musicale depuis 2002. Formée au Royal College of Music de Londres et à l’Université de Bloomington aux États-Unis, elle est aussi cheffe résidente de l’Orchestre Philarmonique de Hong Kong.

Nous prenons connaissance des timbres de cette phalange par le beau Clear Light (2015) de la compositrice Joyce Wai-Tchung Tang, présente lors du concert. Pièce assez contrastée entre aplats de cordes et interventions des vents et bois notamment, ponctuant le propos.

C’est avec le Concerto pour clarinette en la majeur de W.A. Mozart que nous entrons dans le vif du sujet, et soudain on perçoit que « ça sonne un peu mou »… Les basses sont peu expressives, les violoncelles peu colorés. Bien sûr le son chatoyant de Paul Meyer, soliste internationalement reconnu, ne peut que plaire, ses interventions, très musicales, font apparaître une foule de nuances.

L’adagio, malgré le solo très inspiré, fait apparaître un manque généralisé de couleurs et d’imagination musicale dans la direction, et l'on déplore, lors de l'exécution de cette page sublime, un manque de relais à l’orchestre : dommage.

Le rondo conclusif n’offrira pas plus d’émotion que les pages précédentes, l’orchestre se révélant un peu plat, le Konzertmeister se détachant de la grisaille de son pupitre à plusieurs moments, les pupitres violoncelles-contrebasses peu expressifs, les altos presque inexistants… Ce Mozart, outre la très belle prestation du soliste, aura fait un peu penser, malheureusement à ces musiques que l’on écoute par inadvertance, dans d’autres lieux…

C’est avec la Symphonie écossaise de F. Mendelssohn que l’orchestre sort de sa léthargie : les basses reprennent des couleurs et de l’énergie, même si on les aurait aimées plus lyriques dans la phrase solo de fin d’allegro. Beaucoup plus en phase avec la musique de Mendelssohn, la pâte sonore se fait plus dense, on peut tout de même regretter la permanente faiblesse des pupitres graves, notamment violoncelles et altos, ainsi que des cors peu homogènes.

Les longs bras de la cheffe donnant l’impulsion dans cette musique roborative, le plaisir fut tout de même au rendez-vous dans ce concert un brin inégal. La musique généreuse de Mendelssohn aura certainement plus convenu à cet ensemble que Mozart, toujours si délicat à interpréter.