Les 16 et 17 janvier se sont tenus deux concerts envoûtants et chaleureux aux douces couleurs de l’Italie dans l’Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon. Au programme de ces soirées : Naples, dans toute sa splendeur. Lucilla Galeazzi, immense chanteuse italienne qui parcourt les plus grandes scènes depuis des années, s’est entourée de quatre musiciens époustouflants pour l’accompagner lors de ce voyage : Nunzio Reina à la mandoline, Fabio Gallocci à la mandola, Antonello Paliotti à la guitare à six cordes et Francesco Fusco à la guitare à dix cordes.

Lucilla Galeazzi © Opéra de Lyon
Lucilla Galeazzi
© Opéra de Lyon

Le projet, extrêmement réussi, était de parvenir à réunir des compositeurs aux origines diverses : Roland de Lassus et Pergolèse, Adrian Willaert, Gaspar Sanz, Stravinsky, ou encore Auber, Rimsky-Korsakov, Cottrau,  sans oublier le célébrissime « Funiculi Funicula » et tant d’autres ! Ces chants avaient pour ordre de nous emmener à Naples. Pari tenu, et c’est tout juste si l’on ne se sentait pas goûter aux saveurs de l’Italie et à la douceur de son soleil dans une salle tamisée par les bougies dont les lumières chaudes collaient parfaitement à l’ambiance complice de la soirée.

Au détour de ces chants, le public a également pu rencontrer et entendre certains extraits, en français ou en italien, des Chroniques de ma vie d’Igor Stravinsky ou bien de Voyage en Italie de Johann Wolfgang von Goethe pour ne citer que ces deux textes, dont la narration était parfaitement intégrée dans la musique.

Côté voix, Lucilla Galeazzi, née en 1950 dans le centre de l’Italie, ne chante pas mais raconte véritablement les chansons de son pays et embarque le public avec elle. Sa voix, avec juste ce qu’il faut d’accents rauques, envoûte l’intégralité de la salle totalement pleine. Il n'était pas rare de voir un pied taper silencieusement le sol ou encore les têtes dodeliner en cadence. Ainsi a-t-elle fait revivre ce soldat écrivant à sa bella lorsqu’elle a chanté « O surdato 'nnammurato » après avoir mis le cœur en fête ou après nous avoir fait rire en lisant, dans un extrait de Goethe, que Rome n’est « qu’un vieux monastère mal placé ».

Les musiciens qui l'accompagnaient ont véritablement su magnifier l’intégralité de ces chants. Il était rare que les cinq artistes ne jouent pas ensemble, Nunzio Reina et Antonello Paliotti, placés à chaque extrémité, se partageant les lignes du dessus tandis que Fabio Gallocci et Francesco Fusco accompagnaient plus en retrait pour servir de basses solides sur lesquelles l'ensemble se reposait. Antonello Paliotti a d’ailleurs plusieurs cordes à sa guitare, puisqu’il alternait entre l'une à six cordes, une seconde plus petite avec davantage de résonance, et également un tambourin, le tout parfois dans un même morceau.

Une telle équipe nous promettait donc une soirée exceptionnelle pour permettre de faire vivre l’esprit originel des chansons napolitaines, à savoir la festivité, la popularité ou encore l’aspect dansant avec des musiques entraînantes et vibrantes. Cette promesse fut largement réalisée.