Nous célébrons ce mercredi 11 juin le 150ème anniversaire de la naissance de Richard Strauss ! Originaire de Munich, il est issu d'une famille de musiciens: son père était premier cor au Court Opera. Strauss se prend de passion pour l'opéra dès son plus jeune âge, paticulièrement pour la musique de Wagner. En 1883, il s'installe à Berlin et devient le chef assistant de Hans von Bülow. Strauss se fait alors connaître comme un chef à part entière réputé, et il existe encore aujourd'hui des enregistrements de Mozart et Beethoven qu'il dirige.

Si bon nombre de ses premières compositions étaient des oeuvres instrumentales ou de musique de chambre, Strauss est surtout connu comme l'un des plus grands compositeurs d'opéra, de poèmes symphoniques, et de musique orchestrale à programme. On retrouve dans ses poèmes symphoniques des personnages comme Don Quixote, Don Juan et le machiavélique Till l'Espiègle. L'un de ses plus célèbres poèmes reste Eine Alpensinfonie (Une Symphponie Alpestre), oeuvre orchestrale monumentale racontant une ascension qui dure du matin au soir.

Strauss épouse la soprano Pauline de Ahna en 1894. Certains disent qu'il n'était pas seulement amoureux de Pauline elle-même, mais des voix de sopranos en général. Ainsi ses meilleures pièces vocales sont écrites pour voix féminines. L'un de ses plus célèbres opéras, Der Rosenkavalier (Le Chevalier à la rose), donne aux rôles principaux de la Maréchale, Octavian et Sophie des voix féminines ; ce qui peut paraître ironique sachant que Strauss a failli appeler sa pièce Ochs auf Lerchenau en référence au baron, cousin de la Maréchale.

Cette playlist retrace quelques uns des meilleurs extraits de l'oeuvre de Strauss  

Cet extrait figurerait sûrement en tête de beaucoup de playlists qu'on emmène sur une île déserte: le trio final du Der Rosenkavalier, avec Renée Fleming, Sophie Koch, et Ileana Tonca: 

Les rythmes effrénés et captivants de la “Danse des sept voiles” de Salome hypnotisent (malgré une mise en scène discrète). Interprété ici par la Staatskapelle de Dresde et dirigé par le grand Rudolf Kempe:

On compte parmi les opéras plus méconnus mais contenant des passages exceptionnels pour sopranos, la scène finale de Daphne. Apollo a tué l'amour de Daphne, le berger  Leukippos. Elle le pleure tant qu'Apollo se prend de pitié et demande à Zeus de lui offrir une nouvelle vie en lui donnant la forme de son arbre préféré. Dans la scène de la métamorphose, Daphne est changée en laurier: 

Die Liebe der Danae (L'Amour de Danaé) est encore plus rare. Pollux, père de Danaé, lui cherche un riche mari pour résoudre ses problèmes d'argent. Le roi Midas accepte de la prendre pour épouse, mais Jupiter tentant de la conquérir se fait passer pour Midas. Lorsque que Danaé retrouve Midas, elle est changée en statue d'or.  

Libérée de son sort, elle préfère Midas à Jupiter, qui les soumet alors à une vie de pauvreté. Ci-dessous l'air de Danaé dans l'acte III, “Wie umgibst du mich mit Frieden”: 

Toujours avec Apollo (Phoebus tout au moins), le Der Abend a capella où le dieu-soleil ramène son char est fascinant. 

Composé à la fin de sa vie, le Concerto pour hautbois respire la beauté et la nostalgie: 

“Beim Schlafengehen” (L'Heure du sommeil), écrite aussi à la fin de sa vie, fait partie des célèbres Quatre derniers lieder, où violon et soprano s'entraînent dans les aigus au fur et à mesure que l'âme du poète monte aux cieux. Jessye Norman et le Leipzig Gewandhaus : 

La journée m'a rendu las,
J'ai le fervent désir
D'accueillir en amie la nuit étoilée,
Comme un enfant fatigué.

Mains, abandonnez toute activité !
Front, oublie toute pensée!
Tous mes sens veulent à présent
Plonger dans le sommeil.

Et mon âme veut prendre son vol
Sans contrainte, les ailes libres,
Pour vivre dans l'univers magique de la nuit
D'une vie profonde et multiple.

Enfin, Der Rosenkavalier sous un autre angle : le piano roll de Percy Grainger, du trio final, avec Ramble on Love:

A vous de nous faire part de votre Strauss préféré. Réagisser ici, ou sur Twitter: @bachtrack_fr