Les Conservatoires jouent un rôle fondamental dans le développement et le rayonnement de la musique classique à travers le monde. Nous avons demandé au Conservatoire National Supérieur de Paris la façon dont il prépare ses étudiants à une carrière professionnelle dans le domaine musical. 

Conservatoire de Paris 2013 © Ferrante Ferranti
Conservatoire de Paris 2013
© Ferrante Ferranti

1. Quel est le pourcentage de vos étudiants diplômés ayant obtenu un emploi d'interprète dans le secteur musical ?

En plus des classes de musicologie et de pédagogie, le CNSMD de Paris forme trois catégories de musiciens : les interprètes, les compositeurs et les ingénieurs du son. Parmi les diplômés, 95% des étudiants interrogés travaillent ensuite dans le domaine musical. Il y a très peu de reconversions – 4,5% – et aussi très peu de personnes sans emploi – 3%.

35% des interprètes cumulent plusieurs activités dans le secteur musical. Pour mieux étudier ces activités, le CNSMDP a pris le parti de les décomposer en activités principale et secondaire, et non de les citer de façon proportionnelle comme cela est pratiqué au Royaume-Uni où l'on dirait par exemple qu'un musicien exerce à 60% une activité d'interprète, 35% une activité d'enseignement, etc. 35% de nos diplômés exerçant dans le secteur musical cumulent donc une activité principale et secondaire, l'association la plus fréquente étant celle de l'interprétation et de l'enseignement ou de l'accompagnement en école de musique. Sur le plan de l'activité principale, 83% des diplômés sont devenus musiciens interprètes, 24% travaillent dans l'enseignement de la musique ou dans l'accompagnement, et 2% travaillent dans d'autres secteurs du domaine musical (chargés de production, administrateur de festivals). Le total des pourcentages est supérieur à 100% car 9% cumulent plusieurs activités à titre principal.

Conservatoire de Paris 2012 © Ferrante Ferranti
Conservatoire de Paris 2012
© Ferrante Ferranti
L'emploi est surtout intermittent, avec des employeurs multiples, sauf pour les musiciens d'orchestre dont plus de la moitié est en emploi permanent. La moyenne des salaires annuels (indemnités de chômage comprises) est de 18 000 euros nets. Toutefois, il y a des variations qui peuvent être importantes selon l'activité et le type de contrat, un instrumentiste en contrat permanent étant mieux payé qu'un instrumentiste en emploi intermittent. 36% de nos diplômés travaillent également en France et à l'étranger.

2. Comment préparez-vous vos étudiants à la vie professionnelle ?

Le CNSMDP accueille entre 1300 et 1500 élèves chaque année. Ils sont formés à l'aspect à la fois musical  et non musical de leur métier.

La formation à l'aspect musical comprend : cours, master classes, académies d'orchestre, sessions d'orchestre, concerts, partenariats avec des ensembles français et étrangers (Orchestre Philharmonique de Radio France, Ensemble intercontemporain, Orchestre de la Hongrie du Nord, etc...), des organisateurs et des lieux (Cité de la Musique, Radio France, Théâtre du Châtelet, Villa Médicis à Rome, etc..). En 2010-2011, 279 manifestations publiques ont été organisées dans les murs et 162 manifestations à l'extérieur. Il y a au CNSMDP un service "Apprentissage de la scène" qui comporte 25 personnes et qui représente 28% du budget du CNSMDP (hors budget d'investissement). Le CNSMDP comporte 78 salles de classe, 70 studios de travail, 7 plateaux d'orchestre, 3 salles publiques  (180 places, 250 places, 400 places).

La formation à l'aspect non musical de leur métier comprend quant à elle :

    1 – La présentation de soi sur scène et dans les nouveaux médias, la médiation, la sensibilisation aux projets culturels et artistiques (élèves en 1er cycle supérieur).

    2 – La communication : biographie, CV, photos, lettres de motivation ( élèves en 1er cycle supérieur.

    3 – Le droit et les finances: droits sociaux, droits voisins et d'auteur, financement public privé, structures juridiques de l'activité, intermittence et pluri-activité, l'orchestre (élèves en 2e cycle supérieur). 

 4 – Les journées doctorales (élèves en 3e cycle).

Bruno Mantovani Conservatoire de Paris 2014 © Ferrante Ferranti
Bruno Mantovani Conservatoire de Paris 2014
© Ferrante Ferranti

3. Quels conseils et compétences donnez-vous à vos étudiants pour les aider à mener une
carrière en dehors du secteur musical (enseignement, rédaction, marketing...) ? Quelle importance y accordez-vous dans les programmes académiques ?

En dehors du secteur artistique, les anciens élèves en interprétation travaillent surtout dans l'enseignement. Ils bénéficient d'une formation à la pédagogie pendant les études musicales en premier cyle, ce qui peut déboucher sur l'obtention d'un diplôme spécifique. Des options de pédagogie sont aussi proposées dans d'autres départements comme la musicologie et l'analyse musicale. Mais globalement, très peu d'individus exercent une activité en dehors du secteur musical (7,5% dans la promotion 2012). 

 

Si vous êtes diplômé d'une université ou d'un conservatoire dans le domaine de la musique, nous souhaiterions avoir votre avis ! Cliquez ici pour répondre à notre enquête sur le rôle des diplômes musicaux dans la formation des étudiants au monde professionnel. 

Vous pouvez également lire les réponses de la Juilliard School à New York, du Conservatoire d'Oberlin de l'Ohio et de la Royal Academy of Music.