Deuxième soirée de concert consécutive pour l’Orchestre de la Suisse Romande qui proposait, sous la direction de Jonathan Nott, le Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur d’Antonin Dvořák ainsi que le roboratif Ein Heldenleben de Richard Strauss.

Xavier Phillips © Musicaglotz
Xavier Phillips
© Musicaglotz

C'est le violoncelliste Xavier Phillips qui était aux commande pour le Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur de Dvořák. Tout au long de l'œuvre, le soliste nous offrira les délices d’un instrument au son ample, d’une projection idéale, d'un timbre chaud et lyrique, accompagné par un Jonathan Nott qui sait suivre le soliste et lui offrir un écrin confortable pour s’épanouir dans un lyrisme de bon aloi.

On aura particulièrement apprécié la délicatesse des vents au début de l’Adagio qui fut très sensible et d’une grande douceur. Xavier Philllips se fond dans chaque phrase avec une large palette de couleurs et de sons, qui témoignent de la richesse interprétative du soliste. Et si la musicalité est à l’œuvre dans tout le concerto, le soliste sait se faire impétueux lors du final dont il colorie ses interventions d’un souffle héroïque du meilleur effet. Un plaisir qui sera prolongé par un Bach plein de ferveur qui finira de ravir les mélomanes.

Svetlin Roussev © Julien Benhamou
Svetlin Roussev
© Julien Benhamou

Deuxième partie : Ein Heldenleben de Richard Strauss. Si la somptuosité de l’orchestration fait merveille, il est indéniable que la qualité des forces en présence a permis d’élever la fresque à un très haut niveau. Les cuivres, comme dans la soirée précédente sont d’une qualité incroyable, les cordes sont d’un grand lyrisme qui fait plaisir à entendre. Cela sonne bien, vibrant, velouté, jamais criard, le chef cherchant à faire vivre chaque élément en parvenant à unir le tout d’un grand souffle.

Et si le poème avance magistralement, il faut noter une présence qui marquera la pièce d’un bout à l’autre : le nouveau violon solo de l’Orchestre de la Suisse Romande, Svetlin Roussev. Entrant sur un aplat d’une noirceur totale, s’élève un son de violon magnifique : racé, lyrique, vibré sans trop en faire, on aura apprécié une virtuosité sereine et sans esbroufe. La cadence du début de pièce fut un moment de poésie magnifique, et tout au long du poème une adéquation de style, un romantisme assumé, une projection idéale permettent d’illustrer le lyrisme assumé de Jonathan Nott.

On aura donc vibré avec ces deux œuvres d’un romantisme exacerbé qui furent servies par deux solistes superlatifs et magistralement accompagnés par un Jonathan Nott visiblement dans son élément. 

****1