| mercredi 12 mai 2027 | 19:30 |
| Strauss, Richard (1864-1949) | Métamorphoses | |
| Beethoven, Ludwig van (1770-1827) | Symphonie no. 3 en mi bémol majeur « Eroica », Op.55 (trans. Ferdinand Ries) |
| Pierre Fouchenneret | Violon |
| Raphaël Merlin | Violoncelle |
| Elise Vaschalde | Alto |
| Simon Zaoui | Piano |
| Solistes de L’Orchestre de Chambre de Genève |
Avant l’invention de l’enregistrement, la transcription était le moyen privilégié pour faire circuler les grandes œuvres orchestrales. Adapter un opéra, réduire une symphonie, transcrire pour quelques instruments seulement : loin d’être un simple compromis, ce geste révélait autrement l’architecture et l’âme des partitions.
Avec Métamorphoses, La Cité Bleue et les solistes de l’Orchestre de Chambre de Genève proposent une redécouverte sensible de deux monuments du répertoire. Dans la version en septuor des Métamorphoses de Richard Strauss, la densité orchestrale se resserre en un chant poignant, écrit dans l’ombre de la Seconde Guerre mondiale. Dédiée aux victimes du conflit et inspirée par la destruction de Dresde, l’œuvre déploie un deuil d’une intensité bouleversante, traversé d’une énergie presque farouche.
En miroir, la troisième symphonie de Beethoven, transcrite par son proche collaborateur Ferdinand Ries, révèle sa charpente dramatique et son élan visionnaire dans une proximité nouvelle. Lorsque Strauss cite, en épilogue, la marche funèbre de l’Eroica, un vertigineux pont s’ouvre entre les époques : de la naissance des idéaux révolutionnaires aux déchirements du XXᵉ siècle. Un concert comme une métamorphose intérieure, où la symphonie se fait intime.

