La Philharmonie de Paris vient de présenter sa saison 2015/2016 : elle prévoit de renouveler l’articulation proposée dès son inauguration entre concerts « traditionnels » les soirées de semaine et week-ends thématiques. Parmi ceux-ci on retient des thématiques extrêmement variées : Arvo Pärt, « Chagall et la musique » (en lien avec la future exposition), « Musiques à l’image » (avec un concert Alexandre Desplat), Oum Kalthoum, « Figures féminines », « The Velvet Underground », « Fantastique ».

À part l’Orchestre Philharmonique de Vienne qui reste fidèle au Théâtre des Champs-Élysées (où il est crédité du titre de « résident ») tous les grands orchestres mondiaux seront présents à la Philharmonie la saison prochaine, il devrait donc y avoir de quoi satisfaire les mélomanes les plus exigeants.

La Philharmonie de Paris © Jean Nouvel - Arte Factory
La Philharmonie de Paris
© Jean Nouvel - Arte Factory

Jugez un peu : en ce qui concerne les grands orchestres américains : Boston ouvrira la saison avec Andris Nelsons et Yo-Yo Ma, suivi de près par San Francisco ou Michael Tilson Thomas dirigera Yuja Wang, puis Franz Welser-Möst interprètera une première Troisième de Mahler avec Cleveland. C’est ensuite en mars que Gustavo Dudamel sera présent avec son Los Angeles Philharmonic (où il vient d’être reconduit jusqu’en 2022) et donnera une nouvelle fois cette symphonie.

À tout seigneur, tout honneur, l’Orchestre de Paris, principal orchestre résident, accueillera de multiples baguettes prestigieuses : Neeme Järvi (père de son directeur musical actuel), Christoph von Dohnányi, Valery Gergiev, David Zinman, Daniel Harding, Herbert Blomstedt. Et aussi d’autres prometteuses : Lionel Bringuier, Thomas Engelbrock pour un concert Bach, et Tomas Netopil pour le Stabat Mater de Dvořák . Gageons que parmi ces baguettes-ci ou celles-là devraient se trouver le chef qui prendra la succession de Paavo Järvi pour la saison suivante.

Quelques séries thématiques devraient aussi attirer un large public de mélomanes : trois jours d'octobre, Riccardo Chailly viendra avec le Gewandhaus interpréter une série de concerts Mozart/Richard Strauss dont le premier avec Maria João Pires. Immédiatement après, on pourra entendre Valery Gergiev et le London Symphony Orchestra dans deux programmes Stravinsky/Bartók. Le même orchestre sera dirigé le 12/04 par son nouveau chef Sir Simon Rattle dans un programme Messiaen/Huitième de Bruckner très alléchant. En novembre, le même Rattle et les Berliner Philharmoniker donneront préalablement une intégrale des symphonies de Beethoven dont la Neuvième conclusive permettra d’entendre le Rundfunkchor Berlin. Enfin en février, Yannick Nézet-Séguin proposera une intégrale des symphonies de Mendelssohn avec le Chamber Orchestra of Europe.

De grands concerts choraux sont aussi programmés : Jordi Savall et ses forces catalanes, William Christie et les Arts Florissants, John Eliot Gardiner dans une Messe en ut de Mozart. Le Requiem de Verdi retentira pour la première fois dans la Philharmonie pour la Saint-Valentin, donné par le Chœur et l’Orchestre de Paris dirigés par Gianandrea Noseda. La période pascale sera inaugurée par Guennadi Rozhdestvensky qui proposera les trop rares Cloches de Rachmaninov avec l’Orchestre de Paris, puis se succèderont une Passion Selon Saint Matthieu par John Eliot Gardiner et la Messe en si proposée par William Christie.

En termes de grandes voix, on pourra entendre : Juan Diego Florez, Sabine Devieilhe, un inédit duo de Cecilia Bartoli et Rolando Villazón, Matthias Goerne dans un Winterreise mis en scène, et Patricia Petitbon qui présentera ses « magiciennes » en mai. 

Quelques autres solistes instrumentaux sont à ne pas rater : les sœurs Labèque dans un programme Bartók dirigé par Esa-Pekka Salonen avec l’Orchestre de Paris, Alexandre Tharaud et les mythiques Variations Goldberg, Hélène Grimaud, et enfin Maurizio Pollini.

Les amateurs de musique de chambre se régaleront sans doute d’une biennale des quatuors à cordes du 15 au 24/01, avec tout ce qui se fait de mieux : Jerusalem, Borodine, Artemis, Hagen…

La Philharmonie accueillera enfin quelques commémorations et concerts exceptionnels. L’inauguration de l’orgue se déroulera en octobre par deux concerts où Thierry Escaich improvisera et sera l’interprète de la Troisième symphonie de Saint-Saëns avec l’Orchestre de Paris et Paavo Järvi. Un week-end entier sera ensuite consacré à l’orgue le premier week-end de février. En novembre, un hommage à Claudio Abbado sera rendu par Martha Argerich qui interprètera le Troisième concerto de Prokofiev avec l’orchestre du Festival de Lucerne dirigé par Andris Nelsons.

Pour fêter le 60ème anniversaire de sa collaboration avec l’Orchestre de Paris (alors Société des Concerts du Conservatoire) Daniel Barenboim se remettra au piano pour un concert Brahms dirigé par Zubin Mehta. Il sera rejoint plus tard dans l'année par Martha Argerich dans un programme à deux pianos et quatre mains tandis qu'Ithzak Perlman célébrera le centenaire de Yehudi Menuhin en avril par un concert de duos avec piano.

La Turangalîlâ-Symphonie de Messiaen sera interprétée par Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris. Une autre œuvre qui devrait trouver toute sa place dans cette salle ; les Gurre-Lieder de Schönberg seront donnés par Philippe Jordan et ses forces de l’Opéra de Paris. Enfin le 18 juin Paavo Järvi fera ses adieux à l’Orchestre de Paris en interprétant une dernière Troisième Symphonie de Mahler.