Benjamin Millepied a créé son premier Casse-Noisette en 2005 à la demande du Grand Théâtre de Genève. Vingt ans après, il réécrit son œuvre pour le Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur, qui a créé cette nouvelle chorégraphie dans ses murs pour Noël avant de démarrer une tournée à La Seine Musicale ce 7 janvier. Paul Cox signe les décors et costumes et l’Orchestre Philharmonique de Nice interprète la partition de Tchaïkovski enregistrée et rediffusée – on regrettera bien sûr qu’il ne soit pas en fosse. 

<i>Casse-Noisette</i> de Benjamin Millepied &copy; Valentin Folliet
Casse-Noisette de Benjamin Millepied
© Valentin Folliet

Benjamin Millepied a choisi de reprendre l’histoire traditionnelle de Casse-Noisette. Le ballet narratif est ainsi très clair à suivre et adapté à un jeune public. Les dessins et écritures projetés au début et à la fin de chaque acte ancrent bien le spectacle dans sa dimension enfantine. On apprécie la fraîcheur et la modernité que le chorégraphe jette sur la mise en scène avec la complicité de Paul Cox.

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Ainsi le décor représente une maison de poupée dans laquelle tout est coloré, et le casse-noisette est représenté par une grande grenouille qui ouvre la bouche quand on lui lève la patte. L’ambiance joyeuse et ludique est bien au rendez-vous ! Les costumes sont aussi dans des tons très vifs et contribuent à la légèreté et à la bonne humeur qui émanent du ballet.

<i>Casse-Noisette</i> de Benjamin Millepied &copy; Valentin Folliet
Casse-Noisette de Benjamin Millepied
© Valentin Folliet

Au premier acte, les danseurs souriants préparent les festivités de Noël et Clara émerveillée déballe ses jouets. Les parents de Clara réalisent des pas de deux aux portés physiques et tournoient en tous sens. Les mouvements sont dynamiques et on apprécie ce style propre à Millepied qui consiste à créer des gestes amples, héritage de son passage aux États-Unis, tout en travaillant la finesse d’un travail de pied précis et technique, que ce soit sur pointes ou demi-pointes, propre à l’école française.

La réécriture de la danse des flocons est superbe : vêtus de blanc avec des jupes larges, les danseuses et danseurs tournoient et sautent en alternance en utilisant toute l'étendue de l'espace scénique. La bataille livrée avec panache entre les souris et les petits soldats est aussi un moment mémorable de ce premier acte plein de gaieté et de vivacité.

<i>Casse-Noisette</i> de Benjamin Millepied &copy; Valentin Folliet
Casse-Noisette de Benjamin Millepied
© Valentin Folliet

Après l’entracte, le deuxième acte se situe dans la maison retournée à l’envers pour figurer le royaume des sucreries. Entourés par des pyramides de gâteaux et de bonbons, Clara et son compagnon de jeu sont assis et regardent se succéder les numéros de danse, une mappemonde à leurs pieds, suivant les pays d’où proviennent les danseurs.

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Si la structure de ce deuxième acte est plus classique, les variations et danses qui s’enchaînent sont très techniques. Quelques longueurs sont néanmoins à relever, notamment lors de la danse orientale, la moins réussie sans doute. Mais on note les jolis grands jetés des trois danseuses au chapeau rouge de Fès – remarquables Julie Magnon-Verdier, Ilenia Vinci et Bernadette Sinues. Le duo formé par le Prince (Andrea Canalicchio) et la Fée Dragée (Nina Martierena) est éclatant, et la variation difficile du Prince qui enchaîne brisés volés et sauts de chats est bien enlevée. Le finale voit se succéder les personnages qui exécutent leurs pas à une vitesse impressionnante, feu d'artifice pour terminer ce brillant ballet : idéal pour démarrer l’année dans la joie !

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