À la tête du Centre Chorégraphique National de Biarritz depuis 1998, Thierry Malandain a créé plus de 90 chorégraphies, mêlant lignes classiques et recherche plus contemporaine. Il quitte le CCN à la fin de la saison et, à cette occasion, les Productions Internationales Albert Sarfati et le Théâtre des Champs-Élysées mettent à l'honneur le Malandain Ballet Biarritz dans trois de ses œuvres : L'Oiseau de feu, Boléro et Minuit et demi, ou le cœur mystérieux.

Claire Lonchampt, Hugo Layer et Mickaël Conte dans <i>L'Oiseau de feu</i> &copy; Olivier Houeix
Claire Lonchampt, Hugo Layer et Mickaël Conte dans L'Oiseau de feu
© Olivier Houeix

Cette soirée s'inscrit dans une continuité historique, qu'il s'agisse des musiques de Stravinsky, Ravel et Saint-Saëns ou des mouvements rappelant les œuvres de Balanchine ou Béjart. À l'image de ces derniers, Thierry Malandain fait partie de ces chorégraphes qui savent conserver l'âme de la danse classique, dans sa pureté, son académisme et sa discipline tout en y ajoutant une touche personnelle, parfois décalée. On apprécie ces choix d'œuvres, bien différentes, qui révèle différentes facettes de son travail, avec des danseurs irréprochables.

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Créé en 2021, son Oiseau de feu revêt une dimension spirituelle, faisant directement référence à la résurrection – l'oiseau « divin » formant un trio avec Saint-François d'Assise et Sainte-Claire. Le corps de ballet vêtu de longues robes noires se déplace dans des lignes solennelles ou à la file indienne, mains devant le visage. Quand soudain jaillit l'Oiseau de feu, interprété par le fabuleux Hugo Layer, souple et aérien. Ses développés secondes et ses sissones rappellent tout à fait l'Oiseau de feu de Maurice Béjart. Sa présence est si brillante que les moments collectifs paraissent plus pâles dans cette première partie. Si on comprend le sens du souffle et le message d'espoir porté par ce messager, l'ensemble, joli certes, reste un peu sage.

<i>Bolero</i> &copy; Olivier Houeix
Bolero
© Olivier Houeix

Après un bref précipité, place au Bolero, créé il y a déjà 25 ans. Thierry Malandain prend le parti intéressant de composer un ballet qui ne soit pas répétitif, contrairement à celui de Béjart notamment. Rassemblés dans un carré dont les quatre coins sont matérialisés par des paravents transparents, les douze interprètes déploient leurs corps dans des mouvements bien variés : ondulations, balanciers, développés, sauts. Cette partition chorégraphique complexe fait ressortir la puissance et l'énergie des danseurs, remarquables dans cette pièce. Vêtus de justaucorps moulants qui soulignent leurs jambes athlétiques, ils évoluent dans de multiples directions, suivant une géométrie de l'espace, parfois dos au public, sur le rythme entêtant de Ravel. 

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Enfin, la soirée s'achève sur une pièce de 2025 : Minuit et demi, ou le cœur mystérieux. Sur des musiques de Saint-Saëns faisant la part belle au chant, les danseurs, vêtus de tenues bleu pâle et chaussés de demi-pointes, évoluent avec légèreté dans des chorégraphies aux lignes classiques qui semblent célébrer l'amour. La fluidité de la gestuelle se marie parfaitement au lyrisme des voix. Une ode à la vie brillante, emplie de poésie, qui donne à voir des portés gracieux, des arabesques à foison et des ensembles harmonieux.

<i>Minuit et demi, ou le cœur mystérieux</i> &copy; Stéphane Bellocq
Minuit et demi, ou le cœur mystérieux
© Stéphane Bellocq

Du rythme viscéral du Bolero aux mélodies aériennes de Saint-Saëns, ces trois œuvres de Thierry Malandain ont donné à voir trois registres différents et exploré trois musicalités distinctes. N'oublions pas de saluer le choix des partitions musicales, qui ont guidé le travail du chorégraphe et qui participent à la réussite du spectacle !

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