Les virevoltantes variations espagnoles de Paquita, ballet classique composé par Joseph Mazilier puis revisité par Marius Petipa, sont de retour sur la scène de l’Opéra Garnier dans une version ressuscitée en 2001 par Pierre Lacotte. Cette nouvelle chorégraphie, née d’une industrieuse recherche d’archives, restitue l’éclat de la danse de caractère du dix-neuvième siecle et la fièvre du fameux Grand Pas Classique de Paquita.

Laura Hecquet avec Karl Paquette (Lucien D'Hervilly) © Laurent Philippe/ Opéra National de Paris
Laura Hecquet avec Karl Paquette (Lucien D'Hervilly)
© Laurent Philippe/ Opéra National de Paris

Chorégraphié en 1846 (Mazilier) sur une partition d’Edmé-Marie-Ernest Deldevez, le ballet picaresque Paquita marquait une volonté de rupture avec le ballet blanc romantique, ainsi qu’un certain engouement pour l’exotisme. En 1881, Marius Petipa, alors maître de ballet des Théâtres Impériaux russes, remonta une nouvelle version du ballet lui ajoutant l’unique morceau de chorégraphie qui nous est aujourd’hui resté, le célèbre Grand Pas Classique, composé sur la musique triomphante de Léon Minkus.

L’argument est facile : la belle gitane espagnole Paquita tombe sous le charme d’un officier français, Lucien d’Hervilly, qu’elle finit par épouser après de tumultueuses péripéties, prétextes à une brillante succession de variations. Si la danse de caractère très courue du dix-neuvième siècle exagère à outrance le tempérament espagnol, elle donne néanmoins une fougue toute particulière à ce ballet, qui fut un succès à son époque et non démenti depuis.

Les nombreuses versions du « Grand Pas » dansées par la plupart des compagnies, ainsi que la version de Paquita montée par le chorégraphe Oleg Vinogradov et intégrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 1980, avaient déjà permis de populariser la passion vivace de la jeune gitane et le célèbre bréviaire classique des variations de Paquita. La création de Pierre Lacotte en 2001 a permis pourtant de donner une nouvelle fraîcheur à cet étendard du ballet, tout en permettant de revisiter en profondeur la chronique de sa création. Le chorégraphe nous rapproche ainsi de la création d’origine, en explorant notamment la pantomime, tout en ajoutant une touche de modernité à certains pas.  

Laura Hecquet © Laurent Philippe/ Opéra National de Paris
Laura Hecquet
© Laurent Philippe/ Opéra National de Paris
La distribution formée par le trio Laura Hecquet, Karl Paquette et François Alu aura rencontré un large succès. Fraîchement promue étoile, Laura Hecquet a à cœur de nous prouver qu’elle a mérité le titre, avec une belle technicité et une certaine bravoure dans les tours. À ses côtés, Karl Paquette est porté par son énergie positive qu’il traduit par une danse brillante, bien que manquant de propreté. Enfin, François Alu, que l’on aurait aimé voir dans un rôle un peu plus copieux, réalise comme toujours d’étonnantes prouesses techniques et se montre très inventif dans le jeu de la pantomime. On remarquera également les belles variations de Marc Moreau et de Pauline Verdusen.

À la tête d’un orchestre tout particulier, celui des Lauréats du CNSM de Paris, Fayçal Karoui accompagne avec ferveur l’euphorie de ce ballet qui va crescendo avant d’éclater dans un final haut en couleur.