Né à Varsovie en 1971, Krzysztof Chorzelski a rejoint le Belcea Quartet en 1996. Il est professeur d'alto et de musique de chambre à la London's Guildhall School of Music and Drama et poursuit par ailleurs une carrière de chef d'orchestre.

Krzysztof Chorzelski © Marco Borggreve
Krzysztof Chorzelski
© Marco Borggreve

Quel est votre idéal de bonheur chambriste ?

Mon paradis musical serait d'entendre Mozart jouer ses quintettes à cordes avec Haydn. Ils ont apparemment joué les deux parties d'alto ensemble à une occasion !

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?

Des défaillances techniques occasionnelles, si elles sont dues à un relâchement du contrôle pour favoriser l'expression musicale.

La qualité que vous préférez chez vos partenaires ?

Quelqu'un qui exige le meilleur de soi-même. Il n'y a pas de limite à ce qu'une telle personne peut exiger de ses partenaires.

Votre trait de caractère à l’instrument ?

J'aime prendre des risques.

Votre principal défaut ?

J'aime prendre des risques.

Belcea Quartet © Marco Borggreve
Belcea Quartet
© Marco Borggreve

Votre occupation préférée, quand vous n’êtes pas à l’alto ?

Travailler avec des jeunes quatuors talentueux. Et en-dehors de la musique : lire des livres. Et encore plus loin de la musique : partir pour un jogging matinal dans la campagne.

Un personnage de l’histoire de la musique que vous auriez aimé être ?

Peut-être Arthur Rubinstein ? Il a connu la vie la plus formidable, la plus riche et apparemment la plus heureuse. Mes compositeurs préférés comme Mozart, Beethoven et Schubert ont eu plutôt des existences malheureuses – je ne suis pas sûr que j'apprécierais de vivre un de leurs destins… Mais j'adorerais les rencontrer !

Votre quatuor – ou mouvement de quatuor – favori ?

L'opus 131 de Beethoven.

Quel a été votre plus beau concert ?

Il s'agit obligatoirement de SIX concerts : l'intégrale des quatuors de Beethoven que nous avons jouée au Konzerthaus de Vienne en mai 2012. Dix jours à gravir l'Everest musical à quelques pas de l'endroit où cette musique avait été composée – un vrai sommet au milieu de tout ce dont un musicien de quatuor peut rêver.

Quelle a été votre plus grande déception musicale ?

Recevoir la partition fraîchement achevée d'un nouveau quatuor que nous avions commandé à un compositeur vénérable, quelques jours seulement avant la date de la création, et découvrir que ce chef-d'œuvre tant attendu... durait quatre minutes.

Si vous deviez vous réincarner en un instrument de musique (autre que l’alto), lequel choisiriez-vous ?

Si jamais je devais me réincarner, devenir un instrument de musique ne m'intéresserait pas du tout. Je pense que j'aimerais devenir un de ces oiseaux incroyables dont nous passons une vie entière à essayer d'imiter le chant.

Votre devise d’altiste ?

Un jour, à l'issue d'un concert, quelqu'un m'a dit : « C'est émouvant de voir que, malgré le fait que vous avez un rôle aussi insignifiant dans le quatuor, vous semblez beaucoup vous amuser ». Depuis ce moment, ma devise d'altiste a été de ne jamais cesser de m'amuser.


Traduit de l'anglais par Tristan Labouret.