Difficile d’entendre de la musique de chambre dans de bonnes conditions ? Non, mais à condition d’éplucher scrupuleusement les programmes et de ne snober aucune adresse, aucun interprète. Il est parfois plus gratifiant d’aller entendre des inconnus dans une petite salle, que de se retrouver au second balcon d’un auditorium de 2000 places, à plus de vingt mètres de la scène. Certains espaces, somptueux pour l’orchestre, s’adaptent difficilement aux performances chambristes : passée une certaine distance, naît le sentiment d’exclusion, celui de ne pas appartenir à la même temporalité. Les artistes sont alors réduits au rôle de lointains figurants. N’hésitez pas à vous engager dans certains chemins méconnus, pour peu qu’ils soient à contre-courant de la foule : là seulement pourrez-vous vous placer au plus près de la scène, entendre la respiration d’un quatuor, le cliquetis des ongles sur un clavier, et vivre la musique dans toute la richesse de ses détails.

Philharmonie de Paris : Amphithéâtre © William Beaucardet
Philharmonie de Paris : Amphithéâtre
© William Beaucardet

Le Centre de Musique de Chambre de Paris :

Une nouvelle façon d’envisager la musique de chambre à la Salle Cortot, signée Jérôme Pernoo : une œuvre et une seule. Pour des tarifs très intéressants, un accès illimité à tous les concerts programmés de la saison. Pas de surprise au niveau du répertoire abordé, qui est relativement classique, mais la crème des  jeunes chambristes y passe !

Salle Gaveau :

Une salle aux proportions idéales pour la musique de chambre, malheureusement en perte de vitesse depuis quelques années. Les programmes y sont variés au possible, les artistes les plus différents s’y succèdent, sans réelle logique saisonnière. Notons en particulier la possibilité de se replacer discrètement au premier rang, ainsi que de part et d’autre de la scène, après l’entracte.

Théâtre des Champs-Élysées :

Outre les plus grands solistes, dont les concerts sont soumis aux grilles tarifaires usuelles, il est possible de se faire plaisir à petit prix avec les Concerts du Dimanche Matin de Jeanine Roze. L’occasion d’entendre, à condition de se lever tôt – les concerts débutent à 11h –, c’est l’occasion d’entendre le Quatuor Belcea, le duo Gabetta-Chamayou, Adam Laloum ou Emmanuel Pahud, qui sont des habitués de la maison. En raison du placement libre (prix unique oblige), il est impératif d’arriver au moins une demi-heure avant le début de la performance.

Studio 104 et 105 de Radio France :

Rendez-vous pour les nombreuses émissions publiques, que ce soit celles de Génération Jeune interprète, Plaisirs du Quatuor, Portrait de Famille ou bien d’autres. L’occasion d’assister, à l’œil, à quelques concerts en petit comité. La réservation se fait quelques semaines à l’avance via le site internet.

Théâtre des Bouffes du Nord © Patrick Tourneboeuf
Théâtre des Bouffes du Nord
© Patrick Tourneboeuf

Théâtre des Bouffes du Nord :

Un sanctuaire de musique, aux magnifiques parois rouge sang, mais comme figé dans le siècle passé. L’équipement y est vétuste, c’est le moins qu’on puisse dire ; on croirait par moment plonger dans un roman de Zola. Lieu choisi par le Quatuor Ebène, le Quatuor Diotima, pour leurs cycles Beethoven et Bartók.

La Fondation Louis Vuitton :

Inaugurée en 2014 et conçue par l'architecte Frank Gehry, la Fondation Louis Vuitton propose une douzaine de concerts par an, l'occasion de découvrir les jeunes talents émergeant sur la scène internationale. L'auditorium de 350 places est un lieu intime, lumineux, et à l'acoustique remarquable. Une fois sur place, ne manquez pas les expositions et autres événements qui y sont organisés. 

L’Amphithéâtre et la salle de concert de la Cité de la Musique :

Ne manquez pas la biennale des quatuors à cordes ! Réunion internationale des plus grandes formations, avec la possibilité d’entendre des cycles complets de compositeur (Chostakovitch et Beethoven, notamment). L’Amphithéâtre accueille régulièrement des concerts d’ensembles plus marginaux (notamment des performances sur instruments historiques).