Belle matinée ensoleillée sur les rives du Rhône, comme écrin à ce moment musical offert par le French Horn Quartet composé de trois cornistes de l’Orchestre de la Suisse Romande : Jean-Pierre Berry, cor solo, Isabelle Bourgeois, soliste remplaçante, Pierre Briand, deuxième cor, ainsi que Patrick Peignier, cor solo à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.

French Horn Quartet
French Horn Quartet

Ce beau quatuor à la très belle cohésion nous a offert un programme très varié passant d’un « best of » Wagner en ouverture, à un Piazzolla chaleureux, puisant dans un vaste répertoire adapté pour l’occasion et un concours « live », ayant pour but de reconnaître des extraits musicaux : ambiance garantie !

Que ce soit dans cette belle évocation de Wagner, la délicatesse de l’extrait de Don Giovanni de Mozart, l’ensemble French Horn Quartet a fait preuve d’une grande cohésion et d’une belle sensibilité. Les attaques sont souples et sereines, les sons ronds et parcourant l’ensemble des musiques d’une foule de nuances, le tout est fort bien maîtrisé, dans un style impeccable. Bien loin d’effleurer les musiques et d’en offrir une vision lisse, le quatuor offre à entendre un style contrasté des morceaux interprétés, et on peut souligner l’homogénéité du discours et la belle entente du quatuor qui visiblement prend beaucoup de plaisir à offrir ces musiques si distinctes.

L’adaptation du 1er quatuor de Tchaïkovski fut d’une belle émotion introductive puis plus riante par la suite, l’Andante de Bruckner subtil, quant à la sonate d'Edouard happot, elle fut d’un clair-obscur saisissant. La création mondiale de la Rencontre du 4ème type de Dider Favre fut un délicieux moment de découverte avec une introduction au cor des alpes par Isabelle Bourgeois, le didgeridoo facétieux de Jean-Pierre Berry, le cor naturel de Patrick Peignier et le tuba de Pierre Briand, offrant à entendre, vous en conviendrez, un quatuor plus qu’original… L’œuvre se veut déconcertante par le choix des instruments et n’échappe pas à un certain humour. 

L’émotion fut à son comble par l’interprétation d’un magnifique Summertime de Gershwin, parfaitement jazzy, fort de la sensibilité de Jean-Pierre Berry que nous avons déjà pu apprécier dans ses nombreuses interventions solistes au sein de l’Orchestre de la Suisse Romande et notamment dans le très bel air de la lettre d’Eugène Onegin, récemment interprété au Grand Théâtre de Genève.

La Résurrection de l’ange de Piazzola fut emplie de délicatesse et de poésie et c’est avec le Torna a Surriento d’Ernesto de Curtis que Patrick Peignier se fendit d’une voix un brin poussée, mais avec un sens de la dérision et de l’humour qui fit rire la salle… Ambiance assurée !

Une Pizzicato Polka endiablée de Strauss fils assura une sortie souriante avant un Libertango de Piazzolla héroïque clôturant une bien belle matinée musicale forte en cors !